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Un meilleur étiquetage pour lutter contre l’hypersensibilité alimentaire

Des nausées après un délicieux souper de moules ou une réaction allergique après chaque verre de vin rouge : chacun connaît dans son entourage une personne qui souffre d’hypersensibilité alimentaire. Il s’agit souvent de réactions anodines qui disparaissent après quelques temps. Mais dans certains cas, elles peuvent altérer gravement la santé. Pour les personnes concernées, il est dès lors impératif d’éviter tout contact avec l’allergène – la substance qui déclenche la réaction. Une nouvelle directive européenne relative à l’étiquetage des allergènes aidera le consommateur allergique à sélectionner les aliments appropriés.

Qu’entend-on par hypersensibilité alimentaire ?

Le terme « hypersensibilité alimentaire » fait référence à toute réaction physique anormale et récurrente à un aliment. Des études ont montré que ces réactions touchent près de 2 % des adultes. 1 % d’entre eux développent une allergie. Chez les enfants, ces pourcentages sont encore plus élevés. 5 à 8 % d’entre eux souffrent d’hypersensibilité alimentaire, tandis que 1 à 2,5 % développent des réactions allergiques. Dans la réalité, le groupe concerné est même encore plus important. En effet, certaines formes d’hypersensibilité alimentaire sont difficiles à identifier.

Il convient de remarquer que l'hypersensibilité alimentaire intervient de plus en plus souvent. En effet, la mondialisation implique l’apparition permanente de nouveaux aliments – et donc également de nouveaux allergènes – dans nos assiettes. Il en résulte que les personnes qui présentent des prédispositions allergiques sont plus souvent exposées aux « agents nocifs » potentiels.

L’Europe apporte des modifications aux étiquettes

Les personnes souffrant d'hypersensibilité alimentaire doivent tenter d’éviter les aliments allergènes en question, une tâche qui n’est cependant pas évidente. En effet, l’étiquette de l’emballage représente la seule information dont elles disposent pour évaluer la composition d’un produit. La législation européenne prévoyait à ce jour une exception pour l’étiquetage des aliments composés (ex. la composition des saucisses dans la choucroute) dont tous les ingrédients ne sont pas toujours mentionnés.

Dans un souci de mieux informer le consommateur, la Commission européenne a décidé de supprimer ces exceptions (nouvelle directive (2003/89/CE)). Dorénavant, tous les ingrédients distincts devront figurer sur l’étiquette, même s’ils composent un produit élaboré. Ainsi l’étiquette de la glace au chocolat devra-t-elle mentionner explicitement si le chocolat contient du lait.

Par ailleurs, l’EFSA (European Food Safety Authority) a établi une liste des 12 substances allergènes les plus fréquentes. Il sera obligatoire de les mentionner, de même que les modifications éventuelles du nom du produit dont il est dérivé. En outre, il ne sera plus autorisé d’utiliser des dénominations génériques pour les compositions comprenant ces produits. L’huile d’arachide, par exemple, ne pourra plus figurer sur l’étiquette sans mentionner qu’elle provient de la cacahuète. Enfin, l’étiquette des boissons alcoolisées devra également mentionner si le breuvage contient des substances reprises dans cette liste.

Les produits allergènes les plus fréquents

Suivant l’EFSA, les 12 substances allergènes ou produits dérivés les plus fréquents sont les suivants :

  • céréales contenant du gluten
  • crustacés
  • oeufs
  • poisson
  • arachides
  • soja
  • lait
  • achène
  • céleri
  • moutarde
  • graine de sésame
  • dioxyde de soufre et sulfites en concentrations supérieures à 10 mg / kg ou 10 mg /l

Les achats sélectifs dès la fin de l’année prochaine

L’industrie alimentaire disposera d’un délai de 1 an pour adapter l’étiquetage à la nouvelle réglementation. Et le consommateur allergique ? Il pourra véritablement faire des achats sélectifs d’ici la fin de l’année prochaine.

Hypersensibilité alimentaire : 2 variantes

La science distingue 2 variantes d’hypersensibilité alimentaire : l’hypersensibilité immunologique et non immunologique.

Lors d’une réaction immunologique, le contact avec l’allergène entraîne la production d’anticorps. La réaction allergique n'apparaîtra que si les anticorps entrent en contact avec l’aliment concerné.

L’hypersensibilité non immunologique procède par contre d’un dysfonctionnement du métabolisme.

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